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Soutien aux comportements positifs versus gestion des écarts de conduite

Si vous êtes une école SCP, je suis certaine que ce "Kit SCP" vous aidera grandement à apprécier davantage ce système. Voici comment tout ça fonctionne. Vous avez accès au lien vers ma boutique pour télécharger le document à la fin de cet article.


Je suis certaine que vous connaissez la façon de féliciter les élèves, comment de récompenses tangibles vous devez donner pour que chaque élève reçoive son privilège parmi une liste établie et combien il faut en ramasser pour une récompense classe et école, etc. Et, vous le faites régulièrement et de façon bienveillante.


Vous êtes passé maître du renforcement positif verbal et non verbal. Mais quelque chose vous chicotte avec ce système... Vous avez parfois l'impression que les élèves qui ont de mauvais comportements sont souvent ceux qui reçoivent le plus de renforcements tangibles lorsque vous vous attardez à votre compilation de classe. Vous observez que les élèves ne se sentent pas concernés par les règles et qu'ils exigent des récompenses pour très peu d'efforts. Vous sentez que lorsqu'un comportement négatif se reproduit régulièrement chez le même élève vous n'avez d'autre choix que celui d'attendre qu'il se conduise bien afin de le féliciter en espérant que cela fera la différence. Vous observez de loin des élèves qui se conduisent bien dans le but d'obtenir le renforcement tangible qu'une enseignante leur brandit au nez et qui se désorganisent aussitôt la récompense en main.  Si vous êtes comme moi, vous avez sûrement envie de dire que ce système devrait plutôt s'appeler : le "soutien aux comportements négatifs (SCN)"!

Il est vrai que la façon dont ce système est parfois interprété manque de rigueur en ce qui concerne les écarts de conduite et les comportements négatifs qui minent le bon fonctionnement de la classe et de l'école… Et, il y a une raison à cela!

Féliciter et encourager les bons comportements des enfants n'effacent pas tous les mauvais comportements comme par magie. Aussi, de mauvais comportements pour lesquels il n'y a aucune conséquence n'est pas souhaitable et apporte un effet pervers dans une école : des élèves qui ne se sentent pas concerné par les règles et dont le comportement déteint sur les autres... Il faut leur apprendre que leurs comportements ont des conséquences de la même façon qu'on exige leur présence en récupération quand ils ont besoin de réviser une notion mal comprise.

Par contre, il ne faut pas confondre punition et conséquence. La punition ne sert qu’à faire peur et à rendre l’autre coupable, la conséquence, elle, permet de faire vivre à l’enfant un « inconfort » : une expérience désagréable, conséquence de son action négative, sans toutefois le culpabiliser, ni l’atteindre dans son estime personnelle et a comme véritable but de le responsabiliser.

Dans le cas ou les écarts de conduite sont mal définis, on se retrouve avec de nombreuses zones grises dû à des interprétations différentes et il se peut que vous voyez ainsi baisser le niveau de motivation des troupes en ce qui concerne le SCP... Il est aussi à noter que ce système est efficace pour 80% des élèves et que certains ont besoin d'autres interventions qui seront décidées en équipe dans un plan d'interventtion personnalisé pour les élèves concernés.

Tu as du pouvoir sur tes choix mais pas sur les conséquences qui en découlent!

Voici ce que tu contrôles et ce que tu ne contrôles pas :



Pour ma part, je pense que le SCP est un système extraordinaire qui a besoin d'être clair pour tous les intervenants et pour les enfants. Je pense qu'il est un système parallèle, c'est à dire que le soutien aux comportements positifs est une ligne et le système d'écarts de conduite en est une autre n'ayant aucun lien avec la première. Par contre, l'une ne va pas sans l'autre pour que l'équilibre soit respecté. Donc, un renforcement positif est gagné et ne doit pas être retiré, mais un écart de conduite doit être géré de façon indépendante et les conséquences doivent être en lien avec le mauvais comportement.  

Il faut aussi que les règles soient simples et claires. Chaque élève doit savoir ce à quoi on s'attend de lui et les intervenants doivent pouvoir utiliser ce système de façon homogène et efficace afin de développer chez les enfants un sentiment de stabilité, de confiance et de sécurité.
 
Voici les miennes:



Les mauvais comportements des élèves se situent dans 4 niveaux de comportement qu'il est important d'établir. C'est un peu comme un système de triage qui définit clairement qui gère le comportement et comment on le gère selon sa gravité . 

Les écarts de conduite (affectent principalement l'élève seulement) et les comportements de niveau 2 (affectent les autres par leur caractère répétitif) sont gérés par l'enseignant à l'aide des 4 étapes de l'échelle d'intervention:

1. Rappel de la règle non respectée
2. Offre d'un choix (ex.: travailler seul ou en équipe)
3. Envoi à la zone de réflexion
4. Sortie de classe


La zone de réflexion quant à elle, n'est pas une punition ou un retrait de classe. C'est un endroit calme de la classe, un peu isolé où il sera possible pour l'élève de réfléchir à son comportement et à la façon d'en changer. C'est une chance supplémentaire dont "IL" est responsable. L'élève est invité à s'y rendre et à réfléchir à l'aide de l'affichage disponible (étapes de la zone de réflexion, règles de classe, porte-clés des gestes inadéquats et "une façon de le dire"). Lorsqu'il se sent prêt, il revient vers l'enseignante (si disponible) pour lui faire part de sa réflexion. Le porte-clé des comportements inadéquats peut aussi aider à l'élève à mettre des mots sur ses écarts de conduite.


Mais quoi dire et comment le dire ? La façon de revenir de la zone de réflexion, ce que je demande aux élèves de me dire, ressemble à ceci:


EXEMPLE: 

J'ai décidé de ne pas lever ma main avant de parler. Je me suis fait rappeler la règle du respect qui dit que l'on doit demander le droit de parole pour poser une question. J'ai quand même continué de faire des commentaires sans lever la main. Je me suis fait offrir le choix de lever la main ou de ne plus poser de questions et j'ai choisi de lever ma main. J'ai quand même parlé sans lever la main. À partir de maintenant, je vais participer en demandant le droit de parole et pour y arriver, je vais me dessiner une main sur un bout de papier que je collerai sur le coin de mon bureau pour m'y faire penser.

S'il refuse ou fait les choses de façon à gagner du temps sans faire ce qui est demandé, il passe directement à l'étape 4 de l'échelle d'intervention, c'est à dire, la sortie de classe.
Et souvent, c'est là que ça se corse et que vous tolérer les écarts de conduite plutôt que de procéder à la sortie de classe de l'élève.
Je ne sais combien de fois j'ai été confronté à la situation suivante : Un élève adopte un comportement de niveau 2 de façon répétitive et fait perdre le temps de toute la classe par mes interventions relatives à l'échelle d'intervention. Lorsque celui-ci se rend à l'étape de la sortie de classe, il se fâche, claque la porte en disant que je suis toujours sur son dos, prend son billet T.E.S. de façon peu cavalière et part. Toutes mes interventions et ses comportements dérangeants ont déjà entamé mon temps d'enseignement et ont rendu les autres élèves plus fébriles. Mais ouf... Il est sorti.  Je donc vais pouvoir rattraper le tout avec les autres et rétablir un climat propice à l'apprentissage. Mais non... Quelques minutes plus tard, le T.E.S. vient cogner à ma porte en me disant : "J'aimerais savoir ce qui s'est passé avec (...). Je ne peux rien obtenir comme information car il est trop fâché et il refuse de ma parler." Je prends donc 5 minutes pour expliquer ce qui s'est passé (encore de la perte de temps) et le T.E.S. finit par ajouter : "Mais c'est quoi tes attentes?" GRRRRRR...

Lorsque l'élève se rend à cette étape, je remplis toujours un billet pour le T.E.S avant que l'élève s'y rende avec une fiche de réflexion à remplir et à faire signer. De cette façon le T.E.S. est au courant de la situation de façon générale. Tant que la réflexion n'est pas faite, il reste au bureau du T.E.S. Il est important de clarifier avec le celui-ci vos attentes en cas de sortie de classe.

Il est à noter qu'à ce moment, il est important de comprendre que l'élève sorti n'est plus géré par l'enseignant. S'il ne collabore pas seul à seul avec le T.E.S. et qu'il n'est pas apte à discuter avec lui, il n'est pas plus disponible à être en groupe. Il faut attendre qu'il soit calme, disponible et qu'il y ait eu des conséquences directement avec son comportement négatif répétitif. D'habitude, la mémoire leur revient à quelques minutes de la récréation ou du cours d'éducation physique... Sinon, la récréation est un privilège qu'il devra perdre en conséquence à ses écarts de conduite et son manque de collaboration.


Pour ce qui est des niveaux de comportements 3 et 4, je laisse cette gestion au technicien en éducation spécialisé, au psychoéducateur ou à la direction puisque la gestion de tels comportements ne sont pas du ressort des enseignants qui n'ont pas de pouvoir décisionnel pour intervenir dans ce type de situation.

Il est à noter que l'intimidation est un comportement de niveau 4 et que lorsqu'elle est identifiée comme telle, c'est un cas qui est référé immédiatement au T.E.S., au psychoéducateur et/ou à la direction.  Pour se démêler, voilà un document intéressant. 

Et aussi...



Et voilà!

J'espère que cette façon de voir et d'organiser sa classe vous aidera à mieux apprécier le SCP!

N'hésitez pas à commenter si vous en ressentez le besoin ou si certains points sont à clarifier.

Merci!

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